L'adoption de Factur-X ne se résume pas à un changement de format. Pour les cabinets, elle implique de revoir les circuits de collecte, de contrôle, d'intégration et de traitement des factures. Autrement dit, Factur-X ne change pas seulement le fichier, il transforme aussi la chaîne de traitement.
La conduite du changement en cabinet comptable
L'introduction de Factur-X marque une nouvelle étape dans la dématérialisation et la digitalisation des cabinets comptables. Pour les cabinets, l'enjeu n'est pas seulement de s'équiper d'outils compatibles. Il faut aussi embarquer les équipes dans cette transition, faire évoluer les habitudes de travail, et revoir certains process existants. Cela passe souvent par plusieurs chantiers simultanés :
- la formation des équipes, pour les embarquer efficacement dans cette nouvelle étape ;
- l'acquisition de compétences techniques, via des recrutements ciblés ou une montée en compétences en interne ;
- une remise à plat des process existants, afin d'adapter les circuits de traitement aux nouveaux flux ;
- un changement de mentalité, en particulier dans les cabinets qui n'ont pas encore pleinement pris le tournant de la transformation digitale.
Certaines structures choisissent de nommer un référent facturation électronique en interne, chargé de coordonner la transition, de sensibiliser les équipes et de structurer la conduite du changement.
Le besoin de solutions digitales adaptées
Au-delà de l'enjeu organisationnel, Factur-X pose une problématique technique aux cabinets d'expertise-comptable. Ces derniers doivent s'outiller pour être capables de générer et de traiter des flux de factures sous ce nouveau format, pour le compte de leurs clients. Cela suppose de disposer d'un logiciel comptable compatible.
Le nouveau cadre réglementaire impose par ailleurs l'envoi des factures via une Plateforme Agréée (PA), anciennement appelée Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP). Leur transfert devait également pouvoir se faire via le portail public de facturation (PPF), mais son développement a été abandonné par le gouvernement.
La réforme introduit aussi d'autres obligations déclaratives, en particulier l'e-reporting. Beaucoup de clients découvrent ces notions sans toujours bien distinguer ce qui relève du paiement ou de la transaction. Clarifier ces différences fait pleinement partie du rôle du cabinet.